jembebe Adventure
dimanche 26 octobre 2008
Karri Forest Explorer by Be
Le Sud-ouest est célèbre pour ces forets de karris dont certains peuvent
atteindre 60m.
Le Karri Forest Explorer est une route qui serpente dans la foret.
On est monté a la cime des arbres en grimpant un escalier enroulé sur le
tronc d'un karri. A 73m, vue imprenable sans vertige!
Petite récompense: glace au miel et aux baies. Miam!
mardi 21 octobre 2008
Retour a l'état sauvage...
Cette histoire commence par une chaude journée de septembre...
Après presque 2 mois de frénésie citadine, Berrie et Jem parvinrent
enfin a quitter Darwin. La ville disparaissait derrière eux, le soleil
était haut dans le ciel et ils s'enfonçaient dans la nature sauvage du
Litchfield National Park. Ils passèrent leur première nuit, depuis
longtemps, sous les étoiles, a boire du vin et a parler de tout et de
rien. Le lendemain, ils prirent leur petit-déjeuner dans la rivière puis
savourèrent chaque minute et chaque recoin du parc, en se délassant dans
les chutes d'eau et les piscines naturelles. A nouveau leur périple
australien prenait un sens de vacances, ou le temps n'est plus un ennemi
sur lequel il faut toujours garder un œil mais un ami auquel on fait
simplement confiance... Mais comme en amitié, la confiance mit un moment
a s'établir. Ils s'étaient tellement habitues a travailler 10 heures par
jour que le luxe de ne rien faire leur paraissait indécent... Finalement
ils réalisèrent a quel point ils étaient chanceux et se laissèrent sans
scrupule happer par la douceur de la glandouille.
A Douglas Hot Springs, un peu plus au sud, Sam le van dut tremper ses
pneus pour traverser une rivière, afin que Berrie et Jem trempent a leur
tour leurs orteils dans les sources chaudes. Si chaudes qu'ils ne purent
s'immerger qu'a la jonction des 2 courants, le froid et le chaud, pour
trouver une température idéale. Détendus et rafraichis, ils atteignirent
la ville de Katherine, ou ils avaient déjà séjourne auparavant et
retrouvèrent Maryse, leur amie infirmière pour partager une bière. Leon,
le compagnon de Maryse était en déplacement a Brisbane mais ils
passèrent tous les 3 une agréable soirée. Ils furent tentés un instant
de céder aux supplications de Maryse et de rester une soirée de plus,
mais ils savaient que le trajet jusqu'à Broome serait long...
Finalement, il ne leur fallu que 2 jours pour parcourir les 1500km qui
séparent Katherine de Broome. Le deuxième jour, ils conduisirent 1000km
et l'objectif de quitter le Northern Territory et de passer dans le
Western Australia fut atteint. Une longue route, d'équivalent
Lille-Marseille, a la différence que le monde semblait leur appartenir!
Le paysage changeait et défilait sous leurs yeux séduits et personne ne
venait troubler leur quiétude sur la route... La chaleur, semblable a
celle qui saisit quand on ouvre la porte d'un four, les obligeait a
boire des litres d'eau fraiche mais quel bonheur de conduire pieds nus,
les cheveux dans le vent! Et toujours cet horizon sans fin, prêt a les
avaler. Berrie et Jem n'éprouvaient presque plus le besoin de se parler
tant la nature les submergeait.
Enfin ils atteignirent Broome, petite ville tranquille, tout au nord du
Western Australia. Soleil au zénith, plage de sable blanc, mer turquoise
et milkshakes... Berrie et Jem s'octroyèrent 3 jours de plaisir dans cet
endroit. Le temps d'acheter 800 grammes de barramundi a un pêcheur, prés
du port, de le faire griller et de s'en délecter jusqu'à lécher leurs
doigts citronnés en fin de repas. Le temps de courir sur la plage en fin
de journée, au coucher du soleil et de dérouiller leurs corps engourdis
par les heures de route. Le temps encore de visiter les magasins de
perles, les bijouteries et les anciennes lougres restaurées qui font la
réputation de Broome. Mais déjà l'appel de la route se faisait sentir...
En vrai nomades, il leur était nécessaire de se déplacer et de découvrir
chaque jour de nouveaux horizons. Avaler des kilomètres était devenu
comme une drogue, leur veine réclamaient leur dose de nature...
Jem au volant et Berrie en assistante, ils étaient prêts a conquérir
l'ouest de l'Australie, réputée pour être sauvage et insaisissable. Et
ils réalisèrent rapidement qu'elle savait comment faire perdre la tête a
ses courtisans. Au fur et a mesure du paysage, la nature les séduisait
par sa verdure puis l'instant d'après les laissait douter devant un
paysage plat ou le rien domine. C'est a ce moment de faiblesse que
maligne, elle laissait jaillir ses couleurs de fleurs sauvages et les
enivrait par des parfums inconnus. Chats sauvages, émeus, serpents,
lézards, la nature gardait toujours de quoi les surprendre. A Karijni,
elle les saupoudra de poudre rouge, venue de sa terre, puis les amadoua
en révélant ses gorges a l'eau fraiche et transparente. Mais elle
possédait encore d'autres atouts. A Hamelin pool, elle cachait sur le
bord du rivage, des stromatolites: des bactéries vieilles de 1.9
milliards d'années qui ont évolué sous forme de biosediments. Ils les
avaient la, sous les yeux, dans un des seuls endroits au monde ou ceci
est possible. Une autre fois, Berrie et Jem durent se lever aux aurores
pour pénétrer dans le Cape Range National park, dans lequel un nombre
limité de soupirants est admis chaque jour. Une fois a l'intérieur,
installés au bord du rivage, ils crurent a un moment de répit mais la
nature, une fois de plus les attendait. Elle les engloutit dans ses eaux
turquoises et explosa, sous leurs visages masqués, un feu d'artifice de
poissons multicolores. Une tortue, a la nage aérienne, semblait prête a
les guider a travers tout l'océan et les raies, tapies sous le sable,
surgissaient brusquement pour leur donner quelques frissons. Seul le
vent leur soufflait a la figure son envie de garder jalousement cette
nature précieuse, a l'abri du monde... Un soir fut particulièrement
magique. Un cinéma de plein air, naturel, les attendait pour projeter a
360 degrés ses étoiles et leurs reflets dans l'océan Indien. Jamais ils
ne s'étaient sentis a la fois si infimes dans l'univers et si puissants,
maitres de leur destin.
Parfois la civilisation leur revenait a la figure, comme une bonne
vieille claque qui réveille et ils se rappelaient alors qu'il fut un
temps ou ils étaient des citadins toujours presses. Ils avaient fini par
prendre le rythme australien: se lever tôt, se coucher tôt.
Instinctivement, dormir et manger étaient les moments clés de la
journée. Ils se revoyaient a Paris ou ils étaient constamment entrainés
dans un tourbillon d'activités qui leur semblaient indispensables. Ici,
le seul fait d'avoir les yeux grands ouverts suffisait a les remplir
d'énergie. Ils s'émerveillèrent devant le salut matinal des dauphins a
Monkey Mia mais la présence d'une foule de vacanciers, agglutinés sur le
bord de la plage les fit fuir. Le seul attrait des villes était de
trouver du réseau téléphonique pour communiquer a nouveau avec le monde.
Ils retrouvèrent ainsi, a Carnarvon, leurs 3 amies françaises,
rencontrées a Darwin et passèrent une agréable soirée. Céline, Marie et
Anais n'avaient rien perdu de leur humour et de leur énergie. Le seul
changement était la couleur de leur peau, passée d'un caramel bien doré
a celui qui a brulé et reste collé au fond de la casserole...
Jem était désormais le cuisinier officiel de l'expédition dans l'ouest.
Il se régalait dans l'élaboration de nouveaux menus chaque soir. Berrie,
décidée a savourer chaque bouchée de la vie, se régalait elle aussi et
ses courbes approuvaient d'un léger arrondissement. Ils reprirent
l'habitude de faire un peu de yoga des le réveil. Ils saluaient le
soleil chaque matin et ce dernier leur répondait par la chaleur de ses
rayons, même s'il devait, quelques fois, percer a travers les nuages.
Parfois les mouches venaient les perturber en pleine séance d'étirement.
Les mouches en Australie sont les plus têtues du monde. Quand elles
trouvent un corps chaud et vivant, leur seule idée est de pénétrer a
l'intérieur que ce soit par les yeux, la bouche, les oreilles. Elles
s'attaquent au moindre orifice et les gestes de la main instinctifs pour
les chasser, ne font que les exciter un peu plus... Dans le parc
national de Kalbarri, Berrie et Jem souffrirent particulièrement de ce
fléau. Elles semblaient les attendre et tournaient en masse autour de
leurs têtes. C'est a grands pas et avec rage qu'ils marchèrent 8
kilomètres sur la crête et au bord de la rivière et rien même les
mouches ne purent gâcher leur émerveillement devant "La fenêtre sur la
nature". A travers une percée dans la roche, dominant la vallée, ils
avaient une vue imprenable sur la rivière qui serpente jusqu'à la mer.
Par la fenêtre, la nature s'offrait, mystérieuse et indomptable...
Par une fin d'après-midi, ils atterrirent a Geraldton, l'une des villes
principales du centre-ouest de l'Australie. La citée somnolait déjà et
Berrie et Jem eurent de la peine a trouver une échoppe ouverte pour
faire le ravitaillement. A 7 heures, la ville dormait profondément et
ils décidèrent, une boite de noodles trop salées sur les genoux, de
descendre plus au sud passer la nuit. La date de Kippour approchait et
les mettait dans une urgence qui rendait l'air électrique. Jem devait
être a Perth le jour du grand pardon pour aller a la synagogue. A
nouveau, ils sentaient le diable temps leur filer entre les doigts. Ils
tanguaient, hésitaient, doutaient, s'énervaient...
Un peu plus loin et quelques temps plus tard, Trevor savourait sa
précieuse sieste quotidienne, pendant que Sue, sa femme, bouquinait,
lorsque 3 coups retentirent a la porte de la caravane. Tiré brutalement
de son sommeil, il écouta un jeune couple français, tout frisé, lui
expliquer qu'ils avaient enlisé leur van dans le sable. Berrie et Jem
avaient tenté de sortir Sam de la en creusant de toutes leurs forces
sous un soleil de plomb et accompagnés par une horde de mouches. Au bout
d'une heure, il leur fallut se rendre a l'évidence: ils avaient besoin
d'aide. Avec son 4x4 et une corde, Trevor les sortit d'affaire en 2
minutes. Le soir, Jem cuisina un chilli con carne qu'ils partagèrent
autour d'un feu en écoutant de la musique country. Le lendemain, un peu
plus au sud, Berrie et Jem trouvèrent l'endroit de leur rêve pour passer
leurs vieux jours. Ils imaginaient déjà, a Jurien Bay, leur maison en
haut des marches qui mènent a la plage. Calme. Quiétude. Tranquillité.
Sérénité. Douce torpeur...
Et Sam continuait son parcours. Il sillonna le désert des Pinnacles, au
milieu de formations calcaires de toutes tailles et formes, plantées
dans le sable jaune. Il avalait les kilometres avec flegme et le paysage
changeait a mesure que ses pneus mordait le bitume. Aux alentours de
New-Norcia, ancienne citée espagnole endormie, la verdure devenait plus
dense. Pâturages, troupeaux de moutons et surtout fleurs sauvages en
tous sens. Sam évoluait entre campagne anglaise et Provence, entre vert
et violet, entre collines et fermes discrètes. La route lui dévoilait
ses secrets de campagne, le murmure des feuilles au vent, la magie des
éclats de couleurs... Au moment ou Sam, bercé, s'abandonnait, elle le
réveilla a coups de klaxon, l'entoura de voitures, fit jaillir
d'immenses buildings du sol. Sam, Berrie et Jem retinrent leur souffle:
ils avaient atteint Perth...
